dimanche 5 juillet 2015

PARTIE DE CAMPAGNE







Où nous pouvons vivre le soir comme dans la fournaise
Où nous retrouvons le Temps sans y penser
Où nous retrouvons l'extraordinaire liberté
Si longtemps volée…

Ne pas pouvoir en parler
Ne pas pouvoir l'évoquer

La partie de campagne
Des rizières…
D'ici… —
Comment oser la présenter…

Même maintenant
Où nous pouvons vivre le soir comme dans la fournaise
Où nous retrouvons le Temps sans y penser
Où nous retrouvons l'extraordinaire liberté
Si longtemps volée…

La légèreté ondulante de nos amours de braise
Nos immenses cris de joie à la vie…
Nos bains de minuit
Gelés dans l'eau à 30 degrés… —
Moi
Les après-midi
Interminablement allongé
Les bras étirés contre ma tête
Ébahi
Ébloui
Comme jamais je n'aurais pu l'imaginer
Par le miracle de cette vie…
Restant là
Sans voix
Envahi par son soudain dévoilement divin
Faisant
Pour la première fois
Cette expérience-là
Du miracle de ma vie

Puis le soir dans l'amour dans la fournaise
Où nous vivons cette immense aise
Nus
Sur la soie de nos tapis
Volants
Sur l'antique lin de notre lit
Alanguis
Sur le miracle de l'amour la liberté la poésie
La pensée caressante aux prisonniers
Comme au loin dans la nuit l'honneur des opprimés

— Payer pour voir…
Vous savez ce qu'il en est… —

D'ici
D'où nous pouvons 
Vivre comme la fournaise
Dans le Temps 
Sans y penser
L'extraordinaire liberté
Si longtemps volée…





Le 6 juin 2015




Illuminessences (Journal d'un Libertin-Idyllique) 2015



.