mercredi 25 mars 2015

Des corps et de l'idylle… Et décor de l'idylle








LE SECRET



Dans le ciel changeant du temps
Qui court comme dans les nuages le vent
Nous nous aimons…

Un jour, c'est le printemps…
Qui nous cueille avec son soleil
Nous éparpille
Muets —
Dans la beauté de son bleu
Et déploie ses merveilles :
Véritable tapis de violettes
Qui nous enivrent et nous étourdiraient
Si nous pouvions encore parler…
Ou bien penser… —
Jaillissement des primevères
Partout dans les vallons
Sur les petits coteaux de terre
Et jusque qu'entre les vieilles marches de nos escaliers
En hiver, les primevères, où étaient-elles passées ? —
Intrépidité des jonquilles
Qui affirment
Frêles et fières
Contre Éclipse et Grande Marée
Que le monde toujours renaît…
Enfin, affleurement
Rose et blanc
Des délicats et merveilleux amandiers…

Bref, l'hiver est passé…
Et moi
Pendant ce temps
Dans le premier mouvement de l'amour —
Je nous ouvre
Puissamment
Les portes de la pure Joie
Et puis
Pour finir
Après une immense danse
Dans le dernier mouvement de l'amour —
Je vous ensemence
Pulsativement et de tout mon cœur —
Comme un cœur qui en rythme bat
Et dont jaillit
En jets lourds et puissants
Un sang
Blanc

Un autre jour, ça sent la fin du monde
Ou ça en donne une idée… — :
Le ciel est immonde
D'un sombre à vous effrayer
Un coureur
Surpris
Sur un petit sentier
Court en se couvrant de la main la bouche et le nez
Ce qu'ici
Ni ailleurs –
Je n'avais jamais vu faire… —
Tant l'odeur
Partout dans la vallée
Et jusque sur les hauteurs
Est pestilentielle…
On ressent chez ceux que l'on croise
Dans les agglomérations
La haine, la peur, le fiel
Qui électrisent et rendent encore plus mauvaises les mœurs…
Partout au sud
Le sang coule
Et dans d'autres vallons
Des rêves finissent tragiquement leur course
Et on sent s'installer 
La Guerre et la Terreur
Et tout baigne
Dans une sourde frayeur…

Mais vous
Pendant ce temps
Dans le premier mouvement de l'amour —
Vous nous ouvrez
Éperdument
Les portes de la pure Joie
Et vous nous aspirez
Dans le plus merveilleux mouvement des corps qui soit
Par cette danse qui n'est qu'à toi —
Dans la somptueuse transe du Temps
Et puis
Pour finir cette immense danse
Dans le dernier mouvement de l'amour —
Vous me constrictez infiniment dans vos velours
Pulsativement et de tout votre cœur —
Comme un cœur qui en rythme bat
Et me ramène
En mouvements contractiles
Puissants
Et lourds
Au cœur même de l'idylle
Au cœur du vivant…


Nonobstant le monde autour
Ou portés par sa force jaillissante et ses atours —
Le secret est dans l'esprit du mouvement de l'amour
Le secret est dans la liesse…
Le secret est dans cette joie amoureuse des amants…
Le secret est dans l'égalité des puissances et des délicatesses
Au cœur même de la volupté partagées
Le secret est dans le sentiment










Le 26 mars 2015




Journal d'un Libertin-Idyllique (Illuminescences) 2015



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