dimanche 31 août 2014

Impermanence






Sans nom
Le 31 août 2014




La poésie chinoise inspirée du Tch'an, de l’époque des Thang, a eu quelques belles expressions « sensualistes », pour ainsi dire, comme en témoigne ce poème d'un anonyme, peut-être contemporain de Lin-tsi (?–866), poème, sauvé in extremis, que nous nous sommes contenté de mettre en forme, — et qui nous l'a bien rendu.



Rêve de réveil… Réveil de rêve


Ce lendemain matin
Je dors
Je rêve
Je suis encore dans votre corps

Je ressens tout d'abord
Sa distension délicate
Lorsque je le pénètre
Vous offerte
Impatiente
Merveilleusement avide
Encore —
Notre accord
Son adaptation à vous couper le souffle
Qui vous coupe le souffle
Qui me coupe le souffle —
Moi
Tel une […]-d'or —
Qui m'insère
Encore et encore
Et qui déploie
Lentement
Mais fermement —
Vos soies…

Nos vertiges
Vos pâmoisons
Et nos transports
Alors…

Plus loin
C'est la réminiscence
Des baisers exaltés
Onduleux
Flamboyants
Incandescents
Vertigineux
Que me fait
Votre petit […]en eau
Resserré
En galance
Moi immobile
Détiré
Extasié
Bras au ciel
Totalement au monde fusionné
Qui me fait me pâmer
Dans mon sommeil…
En silence…

Puis je ressens
Dans ma rêverie
Comment
Plus tard
Ayant trop longtemps
Pour vous —
Joué de tous les accords
Je vous affole encore
En pénétrations exquises
Quand vous me demandez un temps mort
Jeu que j'adore… —
J'en souris…
Comme un buddha…
De gourmandise…
Dans mon semi-coma……

Enfin
Du dernier mouvement de notre sextuor
Je re-sens
Je savoure
Dans mon sommeil —
De votre pompoir les merveilles…
Ses divines déglutitions annelées ondulatoires
Qui me font éprouver le ciel
Et toute votre gloire
Déployée
Allant
Avec autorité et affolement —
Vers la plus somptueuse et la plus dissolvante des victoires…


Bandant et détendu
Délassé et heureux
J'ouvre enfin les yeux
Et
À peine le pied à terre —
Je dicte à mon secrétaire :

« Rêve de réveil… Réveil de rêve…

Ce lendemain matin
Je dors
Je rêve
Je suis encore dans votre corps… »








Poésie de l’époque des Thang Traduction moderne de Denis de Vieilleville, — d'après celle du Marquis d'Hervey-Saint-Denys.




Le 31 août 2014





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