jeudi 3 avril 2014

VIVAT !



 




Dans la réjouissance du printemps
Qui tout autour de nous
Explose 
La jeune herbe verte
Qui partout
À perte de vue
Jaillit de la terre
Et la couvre
Les fleurs blanches des épineux
Les crocus
Les jonquilles
Les primevères
Les fleurs des amandiers
Celles des pruniers
Les fleurs jaunes de cet arbuste que je ne sais nommer
Hier le ciel si bleu
Vif comme le vent
Qui balayait le monde
Le soleil se couchant
(Alors qu'on restait allongés
Ou dans des mouvements très lents) –
Dans cet immense mouvement
De toute beauté
Qui réengendre le monde
Tandis que parlant de Bahia
Par je ne sais quel détour
Nous en étions arrivés à l'aventurier masqué
Nous avons commencé par éclater de rire
Terrassés
Par ce que cela nous inspirait
Si j'ai beaucoup et souvent ri
Au temps de la ganja
Maintenant que par goût je suis sobre comme un chameau
Et que
(Sauf à Venise)
Nous ne buvons que de l'eau
Je dois à la vérité de dire
Que ces rires sont vraiment les plus beaux
Ils précèdent toujours l'amour
Et marquent l'ivresse
Qu’il nous donne
Dans laquelle déjà nous sommes
Et où déjà nous avons perdu
Avec bonheur
Toute notre tête –


Avec l'immense force éruptive
Qui
Partout
Autour de l'immense vaisseau d'immenses pierres
De granit
Où l'on habite
Soulève et refait le monde
(Et nous et le vaisseau de pierre avec)
À quoi d'autre pouvions-nous donc nous attendre
Qu’à cette immense force
Onctuante
Ondulante
Forte
Intense et sans temps mort
Qui ne nous lâchait pas une seconde
Nous entraînant sans relâche
Et jusqu'au bout
Dans la démesure profonde
L'aspiration gorgée
Soyeuse et sans appel 
Vers cet immense cri
Que je vois comme
Un colossal et viscéral vivat !
Et l'exclamation même de ce pur moment du monde



Eh quoi !
Que faire de plus explandissant
Dans le fabuleux du printemps
Que de pousser
À l’unisson
Dans un magmatique hourvari
Avec la plus belle des houris
Le plus fantastique des hourras !






Le 12 avril 2010












R.C. Vaudey.  Journal d’un Libertin-Idyllique (Illuminescences) 2010-2011



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