samedi 6 avril 2013

En attendant les guerres civiles





S’il n’entend le cœur qui bat…


Combien de fois ai-je rêvé de vous aimer
Ainsi
À Paris
Adolescent…
Alors que vous n’étiez peut-être même pas née ?
Combien de fois en ai-je rêvé ?
Vous
Si ouverte
Si abandonnée
Si puissamment emportée
Par cette belle fièvre
Tout à la fois si parfaitement maîtrisée et déchaînée…
Si aimante
Si puissante
Si passionnée
Combien de fois en ai-je rêvé…
En croisant les belles et inaccessibles femmes de ces années ?

Vous êtes pour moi ce miracle affirmé
De la féminité
Que je ne pouvais imaginer
Mais seulement rêver
Ce miracle réalisé
— Et j’en savoure chaque mouvement
Chaque instant
— Qui est une éternité —
Vous pénétrant
Affirmé
Tel que vous me désirez
Si ardemment…
Vous affirmant
Pénétrée
Telle que je vous désire et
Telle que je ne pouvais même pas vous rêver…

Cela posé
Nous allons
Posément
Ou enfiévrés
Rêveusement
Comme sur notre domaine
À travers les grandes prairies
Les vallons discrets
De l’amour pas même rêvé
Ses terres sacrées
De violettes parsemées
Caressées des fleurs d’amandier
Où jaillissent
Les primevères
Les jonquilles
Les pivoines
Et les cyprès colonnaires
Tranquilles…
— Comme des koans…

Le soir
Après
Nous goûtons
Dans les rires et la joie
La grande paix des amants
La grande joie du Temps...

Nous avons décidé
Il est vrai
De l’endroit où sera érigé
Selon la loi du nombre d’or
— Deux cœurs et deux sexes mêlés —
Qui est le théorème
— Que je vous ai vu
En un mouvement
Un jour
Tracer d’un seul jet —
De l’art d’aimer



Et nous avons pris
Aussi
Bien soin de bien vérifier
La parfaite exactitude
L’exacte vérité
De ce plus beau de tous les idéogrammes
— Que vous avez inventé —
Pour dire : Je t’aime

— D’où notre béatitude...






Le 6 avril 2013



Journal d'un Libertin-Idyllique