mercredi 29 août 2012

Perdre terre — dans le ciel — avec les dames...





Poésies III




Les idées s'améliorent. Le sens des mots y participe. Le plagiat est nécessaire. Le progrès l'implique. Il serre de près la phrase d'un auteur, se sert de ses expressions, efface une idée fausse, la remplace par l'idée juste. 








« La fidélité affermit les grandes passions », a écrit, justement, Porter.


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La plus fausse de toutes les philosophies est celle qui, sous prétexte d’affranchir les hommes des dangers de l’amour, leur conseille la légèreté, le cynisme et l’oubli de leur cœur.


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Monsieur V. faisait remarquer à madame de F. que l’on connaissait déjà du temps de Chamfort le rapport qui existe entre l’abandon à la jouissance amoureuse, le divin sentiment océanique et le sentiment amoureux puisqu’il a rapporté ce qui suit — dans ses Caractères et anecdotes :


« — Une femme disait à M.... qu’elle le soupçonnait de n’avoir jamais perdu terre avec les femmes : "Jamais, lui dit-il, si ce n’est dans le ciel". En effet, son amour s’accroissait toujours par la jouissance, après avoir commencé assez tranquillement. »


« Quel homme, aujourd’hui, oserait évoquer le ciel à propos de ses jouissances ! » disait monsieur V., en conclusion.


« La ruine d’un monde encore contemplatif et pastoral, son remplacement par la guerre permanente menée par les moyens de la Banque, de la Technique, de l’Industrie et du Commerce — telle qu’elle s’est, et qu’elle a été, embrasée au 19e siècle —, deux conflits militaires mondiaux — au XXe siècle — sont passés par là ! » lui répondait-elle.






Le 30 août 2012