mercredi 15 février 2012

PHILOSOPHIE DANS LE BOUDOIR



Grâce à l'aisance
Grâce alléchante
Grâce allégeante
Grâce qui me touche
Profondément
Légèreté profonde
Aisance heureuse
De printemps
Grande jouvence
Sur grand Beau Temps


Grâce à l'aisance
Caressante
Qui toujours me prend
Tandis qu'après les rires
Nous nous aimons
Les rires et puis avant
Les grandes considérations
Sur l'époque
Où plus rien ne compte
Que ce que
Depuis toujours
Nous défendons
Seules richesses
Dorénavant
La liberté, l'amour, la poésie
Et la Jouissance
Puissante et paisible 
Du Temps
Qui ne les a
Avec la vigueur et l'ardeur qu'elles demandent et qu'elles donnent
N'a rien 
Un Homme n'est vraiment riche que de l'extase amoureuse
Disait ce collage
Que je fis dans un autre temps –
Seules richesses aujourd'hui
Où les mirages se dissipent pour les esclaves du Néant
Et où le Veau d'or dissout son argile
Dans le Rien
Éminent
(Tous le savent
Dorénavant
L'or pour l'or est navrant)...
L'époque va devoir devenir sensualiste
Ou se déchirer
Atrocement
Comme nous le lui disons
Depuis qu'ayant « décidé de mettre un peu d'eau dans notre dandysme théorique et artistique »
Nous avons décidé
De paraître
Par moments
Et plutôt sobrement
Sur « la scène du monde »
Dandysme sur fond d'effroyables misères
De cataclysmes
D'effondrements
Et qui sait
Peut-être
De « sauvetage par transfert »
Enfin après ces grandes considérations
Sérieuses sur les temps
Qui nous font paraître
Comme la voix d'une nouvelle et supérieure Raison
Qui connaît l'Homme
Et ses tréfonds
Cette négativité immense
Que fondent
Tous les affronts
Qu'il subit
Depuis que la dialectique du maître et de l'esclave
Mène le monde
Et que semblent redécouvrir ceux qui pensaient que le Chiffre
Était à lui seul
Le problème du monde
Après ces grandes considérations sur l'effondrement d'une illusion du mauvais monde mû par l'Illusion
Et la Haine et le Ressentiment
En moteurs à explosions
Où nous paraissions
Si étranges
Tandis qu'aujourd'hui
Nous y possédons
Évidemment
Les seules richesses au monde
Après toutes ces grandes considérations
Sortant du bain
Parfumés
Comme des anges
Au lit
Nous rions
De tout et de rien
Tout en nous caressant


Le premier baiser est le signe
Du silence
Intense
De la délectation
Et des grands sentiments


Le premier baiser est le signe…


La délectation
Intense
Nous surprend


Ces baisers
Grands baisers
Sont des ravissements
On y revient sans cesse
Dans un étonnement d'ardeur de tendresse et d'excitation
Ces baisers sont bouleversants
On ne les quitte plus
Ils nous aspirent
Nous goûtons extatiquement chaque mouvement de nos bouches
De nos langues
De nos lèvres
Passionnément dans une ardeur toujours surprise
Et toujours allant croissant
Intensément nous embrassant nous nous aimons...
La suite n'est qu'une vaste et ample Caresse
L'accord des amplitudes
La synchronicité des stupéfiances…
Nous nous goûtons à l'excès
Vous m'aimez pour ma grâce
Pour mon aisance
Pour ma puissance
Et parce que je suis là où vous m'attendiez
Mais en vérité je n'y ai aucun mérite car je vous aime moi-même
Pour votre grâce
Pour votre aisance
Pour votre puissance
Et parce que vous êtes là où je vous attendais
Qui donc précède l'autre ?
Qui pourrait le démêler ?
Pour l'heure nous goûtons l'ivresse et la splendeur du monde
La grande et belle santé
La grâce ondulante
La grâce alléchante
La grâce éblouissante


Le dernier mouvement
De ce menu est
Le plus fabuleux
Tout y a des accents
Phénoménaux
Ce ne sont que
Pour vous et moi –
Sensations extrêmes
Et nous explorons
En quelque sorte
D'autres tréfonds de l'Homme


Je n'aurais pas voulu vivre sans connaître l'intense extase de cette compénétration qui monte
Et nous submerge
Irrémédivinement
Je n'aurais pas voulu vivre sans connaître l’amour d'une femme
Et ce mouvement surnaturel du monde
Qui l'accompagne


C'est l'extase de la sensation qui nous déborde et nous emporte
Trésors du monde
Dans cet immense flash blanc
Qui me foudroie
Et m'emporte
Dans le concert de nos cris de joie et de nos louanges
À la vie et au monde


Je n'aurais pas voulu vivre sans vous connaître
Vous et l'Amour


Votre aisance
Vos subtiles délicatesses
Vos reptations caressantes
Sublimes enchanteresses
Votre total abandon à cette force viscérale qui toujours nous prend
Je les vois comme un miracle dont j'ai tant attendu la venue
Et pour lequel 
J'ai fait place nette
J'ai coupé tous les ponts
Largué toutes les amarres
Brûlé mes vaisseaux
Et la langue n'aurait pas assez d'expressions toutes faites pour dire
Comment il ne faut pas « trop aimer le reste » si l'on veut connaître la noblesse et l'amour


J'ignore de quoi sera fait mon futur
Ayant tout sacrifié à « la liberté, l'amour, la poésie »
Mais aujourd'hui je vois que ceux qui avaient agi tout à l'inverse ne sont pas mieux lotis...
Comme on le leur avait prédit.


Assis seul dans la nuit
Exactement là où adolescent j'examinais le problème de la Vérité dans la philosophie et dans le monde
Je rends grâce à ceux et à Celle par lesquels ma vie m'a mené à écrire ceci




Mars 2009.




R.C. Vaudey. Journal d'un Libertin-Idyllique (Illuminescences) 2006-2009